Attente de livres sur la maçonnerie en Morbihan... Ce qui ne saurait tarder ! Il ne manque que le rédacteur que nous connaissons et qui a écrit les livres qu’il nous faut. :)
Voici en tout cas, finalement, un bon résumé de la création de la franc-maçonnerie à Vannes (Gwened)
Le 19 juillet 1801, 14 francs-maçons, « tous demeurant actuellement à Vannes », sont réunis dans un « local convenablement préparé ». Ils ont le souci d’allumer une loge maçonnique à Vannes. Parmi eux, des personnages importants ayant joué un grand rôle durant la Révolution, des députés ou anciens députés, des responsables de l’administration départementale ou locale. Sept au moins parmi eux ont été initiés entre 1798 et 1801 dans la respectable loge « L’Océan Français » à l’Orient de Paris. Le vénérable maître fondateur est Jean-Joseph Danet, receveur général du département. La loge choisit comme nom « La Philantropie ».
L’installation officielle a lieu le 6 octobre 1802. Lors de cette cérémonie, le tronc des pauvres se monte à 98 livres 14 sous. Il permettra « au moins partiellement, un acte charitable en faveur des hospices et des prisons ». Parmi les premiers affiliés de la loge, signalons Louis-Joseph-Victor Jullien. Originaire du Vaucluse, général de brigade, il sera préfet du Morbihan durant tout l’Empire et V.°.M.°. de la loge en 1807. La loge comptera aussi parmi ses membres, les 3 maires de Vannes qui se sont succédés durant l’Empire. Un petit éclairage sur le niveau social des membres de la loge : en 1803, 41% de ceux-ci figurent parmi les 100 personnes les plus imposées de Vannes. En 1814, Ambroise Caradec, membre de la loge, loue à celle-ci, pour servir de Temple, une maison située rue de la Bienfaisance, plus précisément au croisement de cette rue et de la rue des Vierges. Le bail précise que les locataires ne pourront « sous aucun prétexte donner des danses et bals ni aucune fête mais seulement des concerts d’amateurs et des repas d’amis ».
Après une courte mise en sommeil coïncidant avec le passage de l’Empire à la Restauration, la loge reprend ses travaux force et vigueur en 1816 sous le nom de « La Philantropie et les Arts ».
Un scoop en passant. En 1830, parmi les membres de la loge vannetaise figure Mirabeau. Il s’agit de Victor-Claude Riquetty de Mirabeau, neveu du célèbre tribun de la Révolution. Il avait épousé une jeunette de 17 ans nommée Danthon et résidait à Plumergat.
Pour des raisons financières surtout, la loge interrompt définitivement ses travaux en 1838. Il faut attendre 47 années et 1885 pour voir à nouveau la lumière maçonnique briller à Vannes. La préfecture du Morbihan a alors une municipalité républicaine conduite par Emile Burgault, celle qui construira l’hôtel de ville et cette situation politique n’est pas étrangère à la création de la loge. Le 15 mars 1885, 13 francs-maçons vannetais, membres de Nature et Philanthropie à l’orient de Lorient ou de Paix et Union à l’orient de Nantes se réunissent dans le grand salon de l’hôtel du Commerce à Vannes. Ils décident que le futur atelier portera le nom de « Progrès et Liberté ». Ils louent, pour servir de Temple, une maison rue du Moulin. L’allumage des feux a lieu le 8 octobre 1885. La loge fait montre d’une grande activité. En octobre 1886, elle reçoit Jean-Claude Colfavru, Grand Maître du G.O.. Le 19 décembre de la même année, elle organise une conférence publique sous la Cohue. A cette époque, la presse locale parle souvent de la franc-maçonnerie. Les articles ne sont pas de la même teneur selon qu’il s’agit d’un journal républicain ou conservateur. Dans son numéro du 18 décembre 1886, « Le Progrès du Morbihan » écrit : « profitons de l’occasion pour remercier bien vivement, au nom de la démocratie morbihannaise, la vaillante loge « Progrès et Liberté » de l’œuvre républicaine qu’elle poursuit avec tant de zèle et de dévouement.... ». Le 20 mai de la même année, « Le Petit Breton » publie un courrier de lecteur. En voici quelques extraits : « Vous savez sans doute qu’il existe à Vannes une loge maçonnique sous le titre « Progrès et Liberté » dont le temple est situé rue du Moulin . L’endroit a été évidemment choisi à dessein, car, dans cette rue presque déserte le soir, les FF.°. peuvent facilement se glisser sans être vus des profanes par la chaussée du Moulin de l’Evêque, la ruelle de la Coutume et la rue de la Boucherie. Si pour quelques-uns, cela peut paraître indifférent, il n’en est pas de même pour d’autres qui tiennent à ménager la chèvre et le chou... Ainsi, tout ce qu’il y a d’ambitieux, de déclassés et surtout de gogos cherchent-ils à se faire initier. .... Si ce sont des gens à convictions fortes et inébranlables, que rien n’arrête et qui cherchent réellement la Lumière, je vais leur suggérer une idée que je les engage à mettre à l’étude de leur prochaine tenue. Ils n’auront à subir, pour la mettre à exécution, aucune de ces épreuves qu’ils connaissent, pas même à être embrassés à pleine bouche par le vénérable, ce qui n’est pas mal répugnant, surtout lorsque celui-ci, comme cela m’est arrivé lors de mon initiation, foudroie les mouches à quinze pas..... etc.. ». C’est signé « un ex-maçon ». Le 10 novembre 1890, la loge « Progrès et Liberté » est déclarée irrégulière par le G.O.D.F. Elle cesse donc ses travaux.
Il faut attendre le début du dernier quart du XXème siècle pour voir à nouveau des loges maçonniques s’implanter à Vannes. Après avoir allumé ses feux à Lorient le 24 novembre 1974, la loge Renouveau, du Droit Humain, émigre dans un Temple provisoire près de La Trinité-Surzur avant de rejoindre l’orient de Vannes. Le 16 décembre 1978, une charte de constitution est accordée par la Grande Loge De France pour la loge vannetaise Le Temple de Gawr’né.
Le 10 janvier 1979, des francs-maçons vannetais membres de la loge lorientaise Nature et Philanthropie se réunissent dans le but de former une loge du G.O. à Vannes. L’installation de la loge Conscience de l’Armor à l’orient de Vannes a lieu à Lorient le 10 juin 1979. Le 14 novembre 1981, le Temple de la rue Saint-Tropez est doublement consacré au rite français et au rite écossais ancien et accepté. Ce Temple a la particularité unique en France d’être une co-propriété du G.O.D.F. et de la Grande Loge De France.
Yannic